top of page
  • Carine

Entrepreneures face au COVID-19 : innovation et solutions pour rebondir après la crise

Dernière mise à jour : 1 sept. 2020


entrepreneur-covid-19-rebondir-femmes-carine-gouriadec-communication

Si l’incertitude est un élément fondateur de l’entreprenariat, la crise du COVID-19 a mis la barre très haut. Pour les entrepreneurs débutants, le principe de réalité s’est imposé avec brutalité. Entre coups de mous et regains de combattivité, remises en question et nécessaires idées neuves, rencontre (à distance) avec des créatrices d’entreprise pleines de ressources.


Quelques semaines avant le début du confinement, j’ai intégré le réseau de femmes entrepreneures Action’elles. A peine le temps de participer à un atelier en présentiel, et nous étions assigné.es à résidence.


Dans cet espace de discussion et de partage dédié à l’entreprenariat au féminin, beaucoup de structures sont en phase de création. Conception de l’offre, prospection commerciale, premiers clients… On s’interroge, on s’entraide, on se coache. Souvent les entrepreneures, ayant récemment quitté une fonction salariée, se lancent en solo.


En plein démarrage, aux prémices du développement, l’arrêt brutal imposé par la crise sanitaire du COVID-19 a créé un choc. Qu’est-ce que cela fait d’être stoppée net alors que l’on tente de prendre son envol ? Comment réagir face à l’arrêt brutal de l’activité ? Comment envisager l’avenir avec distanciation physique ?


Je suis allée poser ces questions à 5 femmes cheffes d’entreprise, pour savoir comment elles avaient vécu la période du confinement, et fait face aux nouvelles dispositions que nous impose le virus. Leurs réponses témoignent d’une belle propension à rebondir, et d’un esprit de résilience dynamisant.

covid-19-entreprise-femmes-crise-changement-gouriadec-communication-marie-helene-bareyt opus-et-verso
"J'ai fait reset !"


Marie-Hélène Bareyt,
Opus & Verso


Le coup d’arrêt brutal : entre sidération et remise en question


« Au début du confinement, j’ai eu une phase d’abattement, confie Marie-Hélène Bareyt, créatrice de la société Opus & Verso, qui conseille les entreprises sur leur stratégie "Qualité de Vie au Travail", et les met en relation avec des prestataires spécialisés dans ce domaine. Je démarre mon activité, mon entreprise existe depuis septembre 2019. Après les grèves de décembre, enchaîner avec le COVID-19... c’était le coup de massue ! Pas facile de trouver de l’énergie pour faire quoi que ce soit. Et puis j’avais de gros doutes sur la possibilité de continuer à parler de QVT au moment où tout le monde se retrouve confiné ! »


Même choc ressenti du côté de Clotilde Godinot, fondatrice de la marque de chaussures de tango argentin Lalatango : « L’arrêt a été rude, brutal ! » Pour cette ex-ingénieure dans l’industrie, ex-commerçante ayant transformé sa passion pour la danse en business, l’entrée en confinement s’est traduite par une chute immédiate du chiffre d’affaires.


Un stop d’autant plus violent qu’après la création de la société en 2018, la jeune entrepreneuse était en pleine progression. « Je commençais à trouver mon rythme, entre vente directe dans les bals quatre soirs par mois, transportant ma collection dans une remorque derrière mon vélo électrique, les boutiques éphémères, un revendeur à Toulouse, le festival de Tarbes prévu en août… »


L’impact immédiat du confinement sur son activité, Marielle Kalamboussis, créatrice depuis août 2019 de The Break, des ateliers périscolaires pour adolescents, le ressent aussi : « Du jour au lendemain, j’ai dû interrompre les ateliers en présentiel : l’espace de coworking qui nous les loue avait fermé. »

covid-19-entreprise-femmes-gouriadec-conseil-editorial-veronique-le-lann-colombier-vert

"Mon projet s'est transformé. J'ai réalisé que mon modèle était fragile..."
Véronique Le Lann,
Le Colombier vert


Autre effet coup de frein pour Véronique Le Lann, à la tête de l'entreprise Le Colombier vert, qui organise des ateliers d’initiation à l'usage des plantes médicinales à Champlay, en Bourgogne.


Ayant anticipé le confinement, consciente que la situation allait s’installer pour un moment, et aussi de sa chance de pouvoir la vivre dans un cadre idéal, à la campagne, Véronique a surtout dû faire face à un flot de tâches administratives : "Les quinze premiers jours ont été absorbés par les urgences, gérer la situation des salariés, annuler les ateliers programmés..." Les mesures sanitaires de la crise COVID-19 ont aussi stoppé net les perspectives de développement : « J’étais en train de chercher un lieu à Paris pour cultiver, sur les toits... J’avais plein de gens à rencontrer ! »


L’impossibilité de poursuivre la construction de son réseau, de serrer des mains et parler de son projet en construction est immédiatement problématique, comme en témoigne Magali Fleurigeon, créatrice de Subtil, cabinet de conseil spécialisé dans l’accompagnement en organisation et méthodes de travail : « Au moment où la pandémie a commencé, je venais de finaliser mon offre. Un travail qui m’avait pris du temps ! Mes premiers rendez-vous avaient eu lieu en février, devaient déboucher sur des missions en mars… J’arrivais au terme d'une longue maturation. Le site internet publié, j’avais commencé à démarcher dans des salons, proposer des conférences dans des pépinières d’entreprise… »


Quand on sait la difficulté de franchir toutes les étapes de la création d’entreprise, faire émerger la singularité de son offre et la formuler, on comprend la sévérité du couperet représenté par le #RestezChezVous du 17 mars 2020.


La prise de conscience : il va falloir faire autrement


Au coup de semonce du confinement succède parfois un temps de flottement : « J’ai réalisé que travailler en pyjama une moitié de la journée n’était pas le meilleur moyen de réfléchir au futur de mon activité… ! », avoue Marie-Hélène. Passée cette brève phase de sidération, pour toutes s’impose vite une évidence : on ne peut plus continuer sur la même lancée, il faut changer quelque chose.


Quand c’est possible, l’activité bascule en mode digital.


« Il restait deux séances pour achever un cycle d’ateliers, nous sommes allés sur Skype ! raconte Marielle de The Break. Au moment de lancer les stages de vacances de Pâques, nous avons utilisé Zoom. Sur 5 stages programmés en présentiel, 2 ont pu se tenir à distance, via les écrans et avec des groupes un peu restreints. »


« Exercer mon activité à distance n’est pas un problème », confirme Magali pour qui réunions et ateliers peuvent également se dérouler par écrans interposés : « On a des outils, tout le monde s’y est mis, et les gens sont beaucoup plus concentrés finalement ! Mais le non verbal reste difficile à décoder… »


Pour Véronique le passage au tout digital est un challenge source de plaisir : « J’aime bien apprendre ! Me former à l’utilisation d’une nouvelle plateforme pour dispenser mes propres formations m’a beaucoup plu…»


covid-19-entrepreneure-crise-marielle-kalamboussis-gouriadec-conseil-communication-editorial


"L'exigence du distanciel m'a amenée à élargir mon offre!"

Marielle Kalamboussis,
The Break



La distanciation obligatoire et sa traduction en télétravail sont génératrices d’idées nouvelles. « L’exigence du distanciel m’a amenée à élargir mon offre, analyse Marielle Kalamboussis.


L'idée de transposer les ateliers en digital est venue assez naturellement : j’avais bénéficié lors de la création de mon entreprise d’un accompagnement en couveuse, où j'avais appris l'importance d'être en capacité de pivoter, d'être flexible en fonction de la demande. Cela m’a beaucoup servi ! »


Même constat du rebond obligatoire pour Véronique Le Lann. Impossible de poursuivre les ateliers de botanique dans le beau jardin de sa ferme en Bourgogne : « L’idée était d’y associer une offre d’hébergement, et proposer des séjours thématiques… J’ai réalisé que mon modèle était fragile, que tout pouvait s’arrêter en un claquement de doigts, du fait d’un événement extérieur ! »


Elle repense donc son offre et entreprend de développer un volet d’activité jusque-là débutant, l’accompagnement de femmes entrepreneures : « Je les aide à monter en compétences sur l’usage des outils digitaux, à être autonomes… » Outre que cette activité peut s’exercer à distance via des entretiens en visio, Véronique réalise qu’elle rejoint finalement sa proposition basée sur la connaissance des plantes, qui permet d’être autonome sur leur utilisation et la prise en compte de son bien-être…

Mais le digital n’est pas la solution à tout.


En plein démarrage d'activité, Magali Fleurigeon comprend que conjuguer démarche commerciale efficace et distanciation sociale ne sera pas aisé : "Je construis mon r